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     Cette phrase revient souvent: "Je ne vais pas faire du yoga, je ne suis pas assez souple"

    C'est une mauvaise compréhension du yoga. "Faire du yoga" se résume fréquemment par le fait  de réaliser uniquement des postures. Dans la réalité, le yoga c'est tout cela.

    Le but des postures n'est pas de  faire  une séance de gymnastique  pour devenir souple et musclé. Cependant, la pratique régulière rendra le corps plus vigoureux et plus souple.

    Si une posture est jugée difficile, la pratiquer d'abord mentalement, c'est à dire s'imaginer en train de la réaliser. Puis faire des mouvements à peine perceptibles. Peu à peu, le corps, de lui même, accompagné par la respiration, aura envie d'explorer plus loin et amplifiera le mouvement naturellement. La sagesse sera de s'arrêter juste en de ça de ses possibilités pour laisser la respiration fine et fluide. Car dès lors que nous sommes dans le volontarisme, il y a une idée de résultat...et donc de futur. Alors, apprendre peu à peu à ne pas avoir d'objectif (très difficile pour les occidentaux!) en se laissant porter dans l'instant par la posture.

    Les postures (asana) doivent se vivre avec le mental. La difficulté est d'être toujours présent au corps, à la respiration, aux flux des pensées. Dès que nous nous rendons compte que nous nous sommes égarés dans les pensées, revenir inlassablement sur le souffle et le corps. N'être que dans le ressenti, ne rien attendre de la posture. Juste être observateur.

    Marie-Eve novembre 2011

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    Quelle que soit l’envie que nous ayons de trouver un endroit solitaire pour échapper à la foule et au bruit, nous en reviendrons toujours à cette évidence : l’homme est fait pour vivre en groupe.

    Si le yoga ne tient pas ce fait inéluctable en ligne de compte, il ne saurait répondre à sa définition : le yoga est la science de la juste manière de vivre.

    Dans sa racine, le mot Yoga porte la notion de lien. Nous devons lui demander de nous relier à nous-mêmes, mais aussi à l’autre.

    Je vais dans ma salle de yoga. Je m’installe sur mon tapis de sol comme sur ma petite île de paix ; les yeux fermés, j’écoute la voix du professeur. Elle vient du fond des âges pour m’aider à me retrouver moi-même. Oui, je sens mon corps, et les courants d’énergie qui me traversent. Je ne peux éprouver leur sillage que si je me coupe de l’ambiance extérieure qui me baigne d’habitude. Comme disent les textes zen : « Je retourne à la maison ». J’ai fermé mes volets, tiré mes persiennes, j’ai oublié le monde et ses tracas. C’est déjà beaucoup.

    Cependant, l’erreur consisterait à m’en tenir là. Beaucoup de gens se sont laissés prendre au piège, et ont fait de leur recherche intérieure un refuge, une tour d’ivoire, l’emblème d’une fuite.

    En fait, une vie réussie ne se plaît ni dans la solitude, ni dans la société. Nous avons besoin d’unir ces contraintes. On lit dans les Mémoires d’un homme qui s’était retiré au fond des bois cette phrase : « J’ai, dans ma hutte, une chaise pour la solitude, deux pour l’amitié, et trois pour la société ». Ainsi de notre existence : nous ne trouvons l’équilibre que dans un ajustement aux lois de la vie.

    Croire que le Yoga consiste à baisser la tête vers son nombril est une erreur que la tradition nous pousse à éviter. En effet, c’est dans le système des ashrams que le yoga s’est perpétué jusqu’à nos jours.

    Or, qu’est-ce qu’un ashram? C’est le lieu d’une vie communautaire centrée autour des enseignements transmis par le maître à ses disciples. A la base, il y a un contrat tacite : le maître enseigne, et les disciples s’ingénient à faciliter la vie matérielle de celui qui les guide.

    Il est émouvant de constater que la vie spirituelle a besoin du manger, du boire et du dormir pour prendre son essor.

    De même, nos nécessités pratiques deviennent belles d’être inspirées par un idéal qui les dépasse mais leur donne un sens profond.

    Un sage zen disait : « Avant l’illumination, coupez du bois, allez chercher de l’eau à la fontaine, après l’illumination, coupez du bois, allez cherchez de l’eau à la fontaine ». Ainsi peut-on dire : « avant l’illumination, j’ai parlé à mon frère, à mon ami, à mes élèves, après l’illumination, j’ai parlé à mon frère, à mon ami, à mes élèves ».

    Le yoga ne saurait en aucune manière nous couper du monde. On a remarqué que ceux qui s’engagent sur la voie subissaient pour un temps la contrainte d’un repli, comme si la nouveauté de leur expérience les obligeait par contraste à rejeter pour un temps ce qu’ils avaient aimé.

    Pourtant une trajectoire éprouvée ramène le chercheur vers ses semblables. L’aventure est arrivée au Bouddha : ayant atteint l’illumination, on dit qu’il eut à faire un choix entre une joie éternelle et un retour à l’humanité. Il choisit l’homme. Et depuis, les grandes âmes, les Mahatmas sont devenus pareils à lui : boddhisattvas. Des hommes et des femmes éclairés qui reviennent se jeter dans la mêlée.

    Un sage rabbin disait : « Si je veux sauver celui qui se noie, je ne le tirerai pas d’en haut par les poignets, mais je serai à ses côtés, en bas, pour l’aider à remonter à la surface ».

    On a souvent confondu le dégoût de soi avec la charité, et l’amour du prochain avec le rejet de son propre bien-être. Nous nous apercevons aujourd’hui que c’est là une erreur grossière : comment peut-on apporter à autrui ce qu’on n’a pas soi-même ? Mon frère pleure, il a perdu ce qu’il aimait. Que puis-je faire pour lui si je souffre de même? Il me faut d’abord sortir de mon tunnel pour annoncer que la lumière est au bout ! « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

    Ainsi la démarche du yoga est-elle clairement dessinée : retrouver les bases de l’équilibre en soi-même, lancer des racines très profondes dans la terre, puis, s’élever dans la même proportion vers les cieux.

    Quand la base est assurée, je puis largement étaler mes branches autour de moi, et, tel un chêne, rayonner l’énergie et donner de la sève.

    Sivananda de Rishikesh donnait pour thème à ses disciples : « Aimer, méditer et servir ».

    On mesurera aisément le chemin parcouru et le progrès intérieur à la qualité de la relation à l’autre. N’allez pas chercher les preuves tangibles d’une marche vers l’équilibre ailleurs.

    Si vous avez de l’énergie, du « prana » à revendre, vous n’allez pas le garder pour vous, ni le mettre dans un coffre blindé, ni même dans un bas de laine ! Mettez-le au service d’un idéal commun : un lien qui vous rattache à l’humanité.

    Il est dit dans la Bhagavad-Gita que nous avons un devoir à remplir envers nous-mêmes, envers les autres, et envers notre puissance créatrice. Par exemple, que penser d’un peintre qui ne peint ou n’écrit que pour lui-même ? Toute œuvre a pour finalité un public qui la contemple et s’en nourrit.

    Il en va de même pour cette œuvre que nous sommes — en potentiel — nous avons pour burin et ciseaux le hatha-yoga, le pranayama et toutes les autres techniques que les livres, les sages nous ont léguées. L’œuvre achevée est faite pour rayonner à l’entour.

    La littérature ancienne nous transmet l’image assez désuète d’un yogi ermite, réfugié loin du monde dans une grotte, passant le plus clair de son temps à méditer dans la posture du lotus.

    Cette figure stéréotypée correspond à une ère révolue où le yoga était réservé à quelques rares adeptes, acceptés par un maître au bout d’une longue période de probation. Il en est qui naissent ermites comme d’autres naissent poètes.

    Les maîtres du yoga contemporain répandent une vision plus démocratique pourrait-on dire de la recherche essentielle. Pour eux, l’être humain porte en lui le germe d’une réussite spectaculaire. Elle concerne le développement de son potentiel latent.

    S’il est vrai que la relation à l’autre est inscrite dans les gènes de l’être humain, nous demanderons au yoga de donner plénitude à toute la variété des rapports humains.

    La tradition tantrique nous dépeint le summum de l’illumination sous les traits de l’harmonie entre Shiva et Shakti : Shiva représente le principe masculin, symbole de la conscience, Shakti le principe féminin, symbole de l’énergie.

    Il est remarquable que le couple soit donné comme l’archétype de l’ascension spirituelle. Cette réussite est une promesse qui nous attend dans la vie, à une condition : c’est de se souvenir que l’union conjugale ne saurait nous dispenser d’établir l’entente cordiale, le mariage spirituel, avec nous-mêmes.

    Micheline Flak

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       Il existe assez peu d'informations sur la lignée Nil Hahoutoff

    (lignée que j'ai suivi tout au long de mes 4 années de formation à Lille)

    Youri Nil Hahoutoff (1900-1982) est un sportif russe originaire de Géorgie, connu pour avoir mis au point une lignée ou méthode de Yoga appelé méthode Nil Hahoutoff. En 1917, suite à la révolution russe, il fut contraint de fuir la Russie pour la France. Après avoir pratiqué la danse mais aussi l'art du cirque, il a rencontré Hyran Moy Chandra Gosh, un Hindou qui lui aurait appris le Yoga dès 1925. Il a mis au point une méthode mélangeant Yoga et techniques gymniques, réputée assez physique. Il sera en 1972, un des cofondateurs de l’Union Européenne de Yoga (UEY)

     Source: Wikipedia

     

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    La méthode Nil Hahoutoff, comme il le disait lui-même, c’est une méthode de pré-yoga. Elle est issue du travail du cirque: on assouplit le corps par un long échauffement et effectivement il est capable après de pouvoir faire ce dont il était incapable auparavant. On peut travailler à deux et utiliser des cordes ou courroies. Il faudrait combattre la bosse, en créant un creux au niveau des omoplates. Il a formé Françoise Gaboriau, Jacqueline Heinz, Patrick Tomatis, Philippe de Fallois …

     

    Source: Histoire du yoga en Occident

       Une séance de yoga "Nil Hahoutoff"  se distingue par ses sept étapes successives :

     

    -  Relaxation 

    -  Expiration profonde

    -  Préparation respiratoire

    -  Préparation musculaire et articulaire

    -  Enchaînement

    -  Pratique de diverses asanas (postures)

    -  Pratique de  pranayama (respiration)

     

    Cette lignée est également reconnaissable par ses respirations complètes (La respiration à trois étages) accompagnées du mouvement des bras entre chaque posture. Cette lignée est parfois jugée éprouvante car nous passons souvent des positions couchées à des positions debout et inversement. Par ailleurs, la préparation musculaire ainsi que les postures, peuvent, pour certains, demander une certaine tonicité. Cependant, ces préparations et postures peuvent être remplacées par d'autres de moindre intensité et procurer les mêmes effets.

    Cover of: Gymnastique évolutive pour tous by Nil Hahoutoff

    M.E. Janvier 2012

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      La séance

    En début de séance, nous nous mettons à l’écoute du corps.  Le corps se présente avec ses tensions et ses zones de détente. Nous accueillons toutes ces sensations sans commentaires ni analyses.  Nous découvrons le corps senti alors que le plus souvent nous nous référons au corps pensé, à une image. Le corps est souvent noué par des tensions musculaires et l’énergie ne peut se déployer librement.

    Par des mouvements et des évocations, dans le corps habité par le souffle, d’autres modalités – légèreté, transparence -  s’éveillent ainsi qu’une détente profonde.

    C’est une exploration tranquille de ce qui est là dans l’instant, sans effort, sans intention de modifier quoi que ce soit ou d’atteindre un but. Dans cette perspective, il n’y a pas de progression possible mais une maturation et des éclaircissements qui peuvent apparaître au fil de la pratique.

     Les postures

    Dans un corps plus délié, nous pouvons explorer les postures traditionnelles du yoga en laissant toute leur richesse s’exprimer. Ce qui importe n’est pas la posture externe mais le ressenti intérieur et l’émergence de lignes d’énergie.

    Dans cette approche,  la posture est vécue d’instant en instant, sans tirer ou pousser le corps. Il ne s’agit pas de maîtriser le corps, mais de le laisser s’exprimer dans de nouvelles situations.  C’est à chaque fois neuf, il n’y a pas de répétition. Le corps peut alors se libérer de vieux schémas de restrictions que sont les mécanismes de défense que nous avons mis en place pour maintenir notre ego.
    Après la posture, dans le silence, nous écoutons l’écho, les réactions dans le corps et une intégration ou réorchestration peut se faire.

       Pranayama

    Dans un premier temps, nous nous mettons à l’écoute du souffle tel qu’il est ; son rythme, sa présence dans différentes parties du corps, à l’extérieur du corps, dans la globalité, dans l’espace. ..

    Ce n’est qu’ensuite que les pranayamas (techniques de respiration) sont abordés. Des énergies plus subtiles peuvent s’exprimer et nous mettre en contact avec notre vraie nature : la tranquillité, la joie.

    Méditation

      Dans notre présence, la posture, abordée sans intention et habitée par le souffle, devient méditation. Il n’y a pas de concentration, ni quoi que ce soit sur quoi se concentrer mais seulement présence.

    Le visage, les sens  

    Le plus souvent, nous ne laissons pas venir à nous les objets (sons, goûts, images…)  mais essayons de les attraper et les retenir. Nos organes des sens sont alors tendus : la peau, les narines, la bouche, les oreilles, les yeux, le cerveau. 
    Par des évocations et une écoute, nous laissons venir vers nous les sensations et les laissons se résorber. Le visage détendu, le cerveau détendu, c’est toute la structure corporelle qui se détend.

     Dans la vie de tous les jours

    Ce qui est expérimenté lors des séances peut se transposer dans notre quotidien. Ce sont tous les aspects de notre vie qui sont touchés. Moins identifiés à nos tensions, à nos conflits, nous sommes moins « collés » aux situations.

    Une plus grande liberté peut apparaître, le monde devient plus spacieux et ouvert.

     

    « Le silence étant présence, et la révélation du yoga ouverture à l’instant, il se peut que, pratiqués libre d’intention, ces exercices fassent résonner leur silence originel, qui n’est autre que notre nature fondamentale. »

    Source

     

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