• Généralités sur le pranayama - Respiration Kapalabhati

    Généralités sur le pranayama - Respiration Kapalabhati

    Le pranayama, partie intégrante du hatha yoga, recouvre des exercices de yoga qui utilisent la science de la respiration.

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    Généralités sur le pranayama - Respiration Kapalabhati

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    Kapalabhati procure une grande sensation de bien-être, nous ancre dans l’instant présent et nous redonne les idées claires. Pratiquée plus longuement et régulièrement, notamment avec la pratique préalable de posture, cette respiration amène naturellement le mental dans un état méditatif : vous ne cherchez rien, vous ne pensez à rien, vous êtes bien. Cette respiration alimente tout particulièrement le cerveau, c’est une pratique intéressante en période de forte activité mentale, un bon moyen pour recharger les batteries.

     

    Kapalabhati

    « Effectuez expiration et inspiration rapidement comme le soufflet (d’un forgeron). Cela s’appelle kapalbhati, et cela détruit tous les désordres des mucus. » Verset 35, Chapitre 2 de la Hatha Yoga Pradipika.

    Kapalbhati est à la fois un pranayama dynamisant et un shatkarma ou nettoyage puisque c'est la technique de purification des lobes frontaux du cerveau. Cette pratique augmente la vitalité et permet en même temps d'installer une grande tranquillité mentale. La vitalité et le calme sont les deux qualités indispensables pour aborder la méditation et pénétrer dans des sphères plus profondes à l'intérieur de soi.

    Kapalbhati inverse complètement ce processus respiratoire. Lorsque nous respirons normalement, l’inspiration est active et l’expiration passive.  Dans la pratique de kapalbhati, le pratiquant est amené à expirer vigoureusement et volontairement alors qu'il doit laisser l’inspiration se produire de façon naturelle. Ce changement physiologique est e fait une véritable révolution : notre conscience doit pénétrer dans les couches les plus primitives de notre cerveau, là où est normalement géré le mécanisme inconscient et instinctif de la respiration.


     La pratique de base

    Le Yoga Satyananda rend kapalbhati abordable à tout public grâce à une mise en place méthodique et détendue, et cette pratique de pranayama est considérée comme essentielle.

    Il s’agit d’expirer rapidement par les deux narines en contractant vigoureusement les muscles abdominaux. Puis l’abdomen se relâche, ce qui provoque une inspiration automatique. Cela correspond à la description traditionnelle qui compare cette respiration au pompage d’un soufflet : en le fermant, on expulse l’air ; en l’ouvrant, l’air est aspiré en raison de l’effet de vide.

    Il est important de bien distinguer kapalbhati de bhastrika qui est aussi appelé respiration du soufflet. Bhastrika amplifie de façon volontaire les deux phases respiratoires, alors que kapalbhati n’utilise que l’expiration forcée, l’inspiration étant un retour au volume de base.

    Le pratiquant est invité dans un premier temps à répéter plusieurs cycles courts en comptant 10 respirations pour commencer. Puis le nombre peut augmenter graduellement de 10 à 20, 25, 30 à chaque cycle. Chaque cycle court se termine par une ou plusieurs respirations profondes et un temps d’écoute, l’attention restant focalisée derrière le front. Avec l’habitude, le contrôle sur les muscles du ventre s’affine. Il faut pratiquer régulièrement et progressivement de façon à avoir l’impression de pouvoir prolonger sans fin cet exercice, sans jamais générer de fatigue ni créer des tensions ou de l’essoufflement.

    Lorsqu'il est aisé de faire 30 expirations forcées sans aucune tension, on peut ajouter à la fin d’un cycle une rétention poumons pleins, en restant le temps que l’on est confortable et en étant attentif à la région frontale du cerveau. Cette rétention peut ensuite être associée à jalandhara bandha et moola bandha si ces verrouillages de la gorge et du périnée sont bien maîtrisés.

    Les effets

    On peut considérer que kapalbhati a quatre effets majeurs.

    - Il augmente la vitalité en agissant sur manipura chakra par des contractions répétées de la région abdominale. Il pousse également vers le haut l’énergie samana, le souffle de concentration. A chaque expiration forcée, un flux d’énergie part du ventre et celui-ci se trouve propulsé vers les lobes frontaux par le mouvement ascendant du diaphragme. C’est pourquoi cet exercice porte le nom de « respiration qui rend le crâne brillant ».

    - Ce pranayama élimine le mucus des poumons (tout comme bhastrika) et il est donc recommandé pour les personnes souffrant d’asthme, de bronchite chronique ou d’emphysème.

    - Il a une action de purification des nadis ida et pingala en travaillant sur la région frontale, là où existe un carrefour important de nadis.

    - Cette pratique ralentit les dispersions mentales, calme l’action des vrittis, les fluctuations du mental. C’est donc une très bonne préparation à la méditation.

    Variantes possibles

    - Une variante de kapalbhati est décrite dans la Gerandha Samhita. Le kapalbhati ne fait plus par les deux narines mais on adopte le même processus que dans nadi shodhana (inspiration à gauche - expiration à droite - inspiration à droite - expiration à gauche), en gardant toujours l’expiration forcée et l’inspiration naturelle.

    - Une autre façon de pratiquer utilise différemment l’alternance droite - gauche : faire un cycle complet par une narine (en bouchant l’autre) puis le même nombre d’expirations forcées par l’autre narine et enfin par les deux ensemble.

    Les conditions de la pratique

    Un grand travers est d’expirer trop fort ou d’avoir un rythme trop rapide. Pour percevoir à chaque expiration la stimulation du cerveau frontal, nous avons besoin d’une grande finesse et d’une détente profonde, qualités qui s’accommodent mal d’une contraction exagérée du ventre ou d’une précipitation inopportune.

    Le corps ne doit pas être secoué, le visage reste détendu, la poitrine immobile, aucun contrôle ne s’effectue au niveau de la gorge. C’est seulement les muscles de la région située entre le nombril et les côtes qui se contractent pour produire de façon volontaire l’expiration forcée et le flux ascendant de l’énergie.

    La prise de conscience, qui est l’ingrédient majeur du Yoga Satyananda, s’avère indispensable pour ajuster en permanence les différents impératifs de la technique avec les possibilités individuelles du moment.

    Pour éviter de générer du stress ou des tensions avec notre pratique de yoga, et plus particulièrement avec le pranayama, nous devons apprendre à suivre le point de vue de la technique plutôt que d’imposer nos idées en la matière. C’est en ayant conscience de nous-même et de nos capacités, en observant notre attitude pendant que nous faisons l’exercice, en déstabilisant les partis pris mentaux que nous pouvons accepter de nous exposer réellement au yoga, corps et mental réconciliés.

     

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