• Si tu veux la paix, prépare la

    L’APRÈS BATACLAN - Texte de Thomas d'Ansembourg

    Si tu veux la paix, prépare la.

    Nous sommes puissants, bien au-delà de ce que nous croyons savoir de nous.

    Par habitude, nous sommes beaucoup plus habiles à préparer la guerre que la paix. C’est un vieux logiciel, pavlovien. Et forcément c’est la guerre que nous obtenons. Pour cela, nous avons un ministre et un ministère, une administration et une armée de personnel avec ses corps d’élite, des grands moyens de recrutement, d’entrainement, de communication et de couverture médiatique, d’espionnage et même de recherche, et bien sur une légitimité historique (« on l’a toujours fait… »). La guerre, oui, nous savons y faire. Et la paix, c’est quand, où et comment qu’on apprend à « savoir y faire » ? Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation de programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique, où est le budget, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ?

    Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente - à la paix ?

    LA PAIX, cela s’apprend, comme les math, le foot, les langues et la conduite d’une voiture.

    La paix ne tombe pas du ciel, sauf chez les bisounours. La paix s’apprend, se travaille, s’organise et se structure avec au moins autant d’attention, de rigueur, de détermination et d’engagement que la guerre. Elle requiert une discipline de savoir être, qui permet le savoir être ensemble. Toute maîtrise d’une discipline suppose des apprentissages, donc du temps et la volonté d’y parvenir.

    Nous disposons "d’armes" d’outils de construction massive, aussi performants qu’ignorés du grand public.

    Il existe des dizaines et dizaines d’outils de paix qui ont fait leur preuves dans de nombreux registres, certains depuis plus de 30 ans et bien plus, pour apprendre à se pacifier soi, pacifier les relations aux autres, ouvrir son cœur et son discernement, gérer ses émotions, faire bon usage de la colère ou de la peur, savoir s’exprimer avec vigueur sans violence, savoir écouter l’autre sans craindre sa vigueur, développer du respect pour l’altérité et de l’empathie pour l’autre, traverser les conflits de façon « win-win », faire les deuils nécessaires, nourrir son inspiration et sa créativité, … Ce sont des processus que nous pouvons apprendre à mettre en place petit à petit dans la durée (v. ci-dessus : rigueur, discipline, structure, engagement et temps) . Rien à voir avec des trucs ou recettes de magazine comme tant de gens le croient.

    La majorité de nos contemporains ignorent ces possibilités et subissent leur vie, subissent les tensions récurrentes, le doute et la détresse, la rage et la peur, la frustration croissante et l’amertume (et donc la tentation de compenser leur mal-être plutôt que de nourrir leur bien être), sans même imaginer que des outils existent pour se transformer, transformer sa vie et se déployer autrement.

    La majorité de nos dirigeants et des responsables de nos écoles, Hautes Ecoles et Universités, de nos religions, nos administrations, nos média, et de nos journalistes ignorent ou n’ont pas compris la puissance de transformation dont chacun de nous dispose. Ils ne contribuent donc pas à faire connaître ces approches et processus auprès du grand public. Seuls le bouche à oreille et quelques magazines spécialisés, quelques sites internet, quelques rares émissions souvent aux heures tardives, quelques congrès et salons, et quelques affiches aux sorties de livres permettent au citoyen perdu d’avoir un premier contact avec le monde de la transformation intérieure.

    Pour éviter de nous retrouver tous ensemble, en flagrant délit de non-assistance à personnes en danger, pire, non assistance à l’Humanité en danger, au sortir des attentats tragiques et à la veille de la Cop21, je propose aux personnes qui partagent ces convictions de témoigner et diffuser largement cette conscience-ci (qui est - pour ce qui me concerne - le fruit de plus de 20 ans de pratique de l’accompagnement des personnes à travers les cycles, saisons et méandres de l’existence) :

    - la violence n’est pas l’expression de notre nature : elle est l’expression de le violation de notre nature (Cessez d’être gentil soyez vrai – 2001- p. 233). Lorsque nos besoins fondamentaux (amour, reconnaissance, appartenance, avoir sa place, expression de soi, sens a sa vie, équité, partage, etc) ne sont pas nourris et si nous ne savons comment pas nommer et faire comprendre ce qui se passe en nous, nous pourrions tous être violents.

    - ainsi, la violence et la maltraitance faites à la Nature est le reflet spectaculaire de la violence et maltraitance faite par chacun de nous à sa nature intime.

    - c’est donc citoyen d’apprendre à respecter sa nature profonde et à se pacifier : un citoyen pacifié est un citoyen pacifiant. Il est tout sauf passif et béni-oui-oui : il crée un sillage fécond de pacification.

    - la clé du changement est à l’intérieur : faisons connaître les outils de paix et de transformation intérieure. « Secouons » (chaleureusement) nos dirigeants de tous ordres pour qu’ils les encouragent et les facilitent concrètement, à l’école (de la maternelle à l’université), dans les hôpitaux, les lieux de sport, les Églises, les services publics, les administrations, les entreprises.

    - et encourageons par notre attitude les sceptiques et les incrédules de tous bord à quitter la posture de sourire gentil parfois narquois voir condescendant que certains peuvent encore adopter lorsque les notions d’éducation à la paix et à la Non Violence sont exprimées ; soutenons nous mutuellement pour découvrir, intégrer et faire découvrir les pratiques qui permettent de développer une Intériorité Citoyenne.

    Pour DÉVELOPPER CETTE ATTITUDE, voici quelques piste parmi bien d’autres (pour chaque point des méthodes existent) :

    - prendre régulièrement du temps de présence à soi pour ne pas laisser des cocottes minute d’émotions non traitées se remplir et s’empiler dans nos cœurs jusqu’à explosion ou implosion ; et pour ne plus balancer à l’autre « toi tu es la goutte qui fait déborder mon vase ! » (Sans blague, qui est responsable de mon vase intérieur, l’autre ou moi ?).

    - développer ainsi une hygiène de conscience, une douche psychique aussi régulière et évidente que notre hygiène et notre douche physiques. Petit à petit, cela permet de jardiner un état de paix et de force intérieures contagieux.

    - apprendre ainsi à comprendre et aimer l’humain en nous sous toutes ses couleurs et dans tous ses états, pour ainsi apprendre à comprendre et si pas à aimer du moins à respecter l’humain en l’autre, bien au-delà des conforts qui nous dorlotent et des inconforts qui nous dérangent.

    - Lâcher la vieille habitude de vivre les rapports humains comme des rapports de force (domination-soumission-agression-démission-manipulation-séduction-compétition,…). S’ouvrir à et s’habituer à créer des rapports de collaboration, confiance, synergie et co-création.

    - développer notre faculté naturelle d’empathie pour l’autre et de bienveillance, même et surtout si nous ne sommes pas d’accord : apprendre à ressentir ce que l’autre ressent avant de lui répondre ; apprendre à lâcher la prétention à avoir raison, source de tant de tensions égotiques stupides Rappelons : « nous avons un choix fondamental dans l’existence : être heureux ou avoir raison » (ACIM, cité par Marshal Rosenberg).

    - fréquenter de plus en plus régulièrement et en pleine conscience nos états de joie, pour conjurer le logiciel de la culture du malheur et de la plainte dans laquelle nous avons grandi. Ce qui fait joie fait sens. Et fréquenter nos rêves ; nos rêves sont la clé de l’innovation et du changement. Tous ce qui existe – en dehors de la nature - a d’abord été rêvé !

    - développer ainsi notre aptitude naturelle à la gratitude : voir et célébrer ce qui est, ce qu’on a et vit plutôt que de se plaindre de ce qu’on n’a pas ou ne vit pas. La gratitude est la vigoureuse vitamine de la relation à soi, à l’autre à la vie (v. à ce propos les découvertes étonnantes de la Psychologie positive et de la Physique Quantique)

    -Voyez, il s’agit bien – comme pour la guerre - d’apprentissages qui demandent du courage, de la rigueur et de la persévérance. Rien de bisounours : c’est du travail. Or nous savons apprendre, nous savons travailler, nous savons être persévérants et rigoureux.

    NOUS SOMMES DONC PUISSANTS

    « Nous devons apprendre à nous aimer comme des frères, sinon nous allons nous entretuer comme des imbéciles » Martin Luther King.

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    4 commentaires
  •  

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Tous liés

    « La vie est difficile, c’est vrai ; les humains sont souvent méchants et ingrats, c’est vrai aussi. Mais celui qui se promène partout en ruminant intérieurement sa mauvaise humeur et sa révolte fait preuve d’un grand égoïsme, car c’est un fardeau de plus qu’il place sur les épaules des autres, qui, eux aussi, rencontrent les mêmes difficultés. Il croit que s’il ne dit rien il ne fait de mal à personne, que sa mauvaise humeur ne concerne que lui… Eh bien, qu’il se détrompe ! Les humains sont tous liés les uns aux autres, et quand quelqu’un agite continuellement dans sa tête et dans son cœur toutes les raisons qu’il a d’être mécontent, qu’il le veuille ou non, cela se reflète sur ceux qu’il fréquente comme quelque chose de pesant, d’obscur. C’est en apparence seulement qu’il ne leur fait pas de mal. En réalité, par ses pensées et ses sentiments, il projette des courants négatifs qui agissent sur sa famille, ses amis, les gens qu’il croise, et même sur les animaux, les plantes et les objets autour de lui. Il n’est donc pas tellement plus innocent que les personnes contre qui il trouve légitime de s’indigner. »


    Omraam Mikhaël Aïvanhov

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Le thème de l'acceptation est essentiel et bien souvent totalement incompris. Accepter ce qui est, c’est « dire un grand oui » à la vie, telle qu’elle est, c'est-à-dire, telle qu’elle se présente à vous. Cela ne veut pas dire ne rien faire. Mais pour agir, encore faut-il accepter une situation et ensuite poser les actes appropriés. N’agissez pas sous le  coup des émotions : si possible, laissez-les retomber avant d’agir. Cultivez cette attitude d’ouverture à la vie sous toutes ses formes. Tant que vous êtes dans le refus, vous ne pouvez rien faire, seulement vous nourrir de frustration, de colère…

    Tous les évènements de notre vie sont là pour dénouer nos blocages, nettoyer ce qui nous entrave et nous faire avancer sur notre chemin.

     

    Texte pris dans l'Almaniak du yoga

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    2 commentaires
  • http://images.fineartamerica.com/images-medium-large-5/window-to-the-yellow-house-odon-czintos.jpg

    Etre humain, c’est être une maison d'hôtes.
    Tous les matins arrive un nouvel invité.

    Une joie, une dépression, une méchanceté,
    une prise de conscience momentanée vient

    comme un visiteur inattendu.

    Accueillez les tous et prenez-en soin!
    Même s'ils sont une foule de chagrins,
    qui balaient violemment votre maison
    et la vident de tous ses meubles,
    traitez chaque invité honorablement.
    Peut-être vient-il faire de la place en vous
    pour de nouveaux délices.

    La pensée sombre, la honte, la malice,
    rencontrez-les à la porte en riant,
    et invitez-les à entrer.

    Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent,
    parce que chacun a été envoyé
    comme un guide de l’au-delà.
     

    ~ ~ Rumi ~ ~

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique